Histoire, définitions, épidémiologie
Le SSPT n'est pas un trouble récent. Ses manifestations ont été décrites sous différents noms au fil des guerres. En 1914–1918, les médecins militaires parlaient de shell shock pour désigner les soldats paralysés après les bombardements. En 1980, le DSM-III (APA) a formalisé le diagnostic. Les études sur les victimes de catastrophes, d'agressions sexuelles et d'accidents ont élargi la compréhension bien au-delà du contexte militaire.
10 à 20 % dans la population générale occidentale. Moins de 30 % des personnes atteintes reçoivent un traitement approprié dans les 5 ans suivant le trauma.
Femmes (risque ×2), victimes d'agression sexuelle (>50 %), militaires en zone de combat (15–30 %), pompiers, soignants, survivants de catastrophe.
Critères A–H. 4 clusters symptomatiques. Durée minimum : 1 mois. Sous-type dissociatif inclus. Référence en recherche clinique.
3 clusters (reviviscence, évitement, menace persistante). Reconnaît le C-PTSD avec troubles de l'organisation du soi.
Cerveau, mémoire et réponse au stress
Détectrice du danger. Hyperactive dans le SSPT → déclenchement inapproprié de l'alarme même hors danger. Stocke les souvenirs émotionnels implicites.
Contextualisation temporelle. Réduit en volume dans le SSPT. Incapable de « dater » le trauma → sentiment permanent de présence du danger.
Régulation émotionnelle et raisonnement. Hypoactif dans le SSPT → perte de contrôle sur les réponses de peur.
Libération d'adrénaline (médullosurrénale) → vigilance accrue. Puis cortisol (corticosurrénale) → mobilisation énergétique.
Dans le SSPT : hypo-cortisol paradoxal avec réactivité accrue. Le système reste en « veille armée » en permanence. Neuro-inflammation associée.
Stephen Porges propose 3 états physiologiques hiérarchiques régulés par le nerf vague :
Nerf vague ventral. Sécurité → connexion, régulation, communication. Zone thérapeutique idéale.
Combat / fuite. Activation physiologique. Danger perçu modéré à élevé.
Nerf vague dorsal. Gel, dissociation, effondrement. Danger vital extrême. Présent dans les flashbacks sévères.
Hippocampe-dépendante. Souvenirs conscients, narratifs, contextualisés. Souvent fragmentée dans le SSPT.
Amygdale-dépendante. Non verbale, corporelle, sensorielle. Source des flashbacks et réponses automatiques déclenchées par des stimuli.
Critères A–H, clusters, comorbidités
Mort, blessure grave ou violence sexuelle : vécu direct, témoin, proche, exposition répétée (professionnel).
Flashbacks, cauchemars, détresse ou réactions physiologiques aux rappels traumatiques.
Évitement des pensées/émotions liées au trauma ET/OU évitement des rappels externes.
Amnésie dissociative, croyances négatives, distorsion de la culpabilité, émotions négatives, perte d'intérêt, détachement, affect émoussé.
Irritabilité, comportements imprudents, hypervigilance, sursauts exagérés, troubles de concentration, troubles du sommeil.
Distingue le SSPT du Trouble Stress Aigu (TSA) limité à 3 jours – 1 mois.
Détresse cliniquement significative ou altération du fonctionnement social, professionnel ou autre.
Non imputable à une substance, un médicament ou une condition médicale générale.
Vulnérabilité, C-PTSD, croissance post-traumatique
Sexe féminin (×2), traumatismes antérieurs, antécédents psychiatriques, attachement insécure, faible soutien social.
Dissociation péri-traumatique, sévérité du trauma, nature interpersonnelle, peur de mourir lors de l'événement.
Manque de soutien social (facteur n°1), évitement dominant, stress de vie supplémentaire, ruptures familiales, non-accès aux soins.
La CIM-11 reconnaît le SSPT complexe comme entité distincte, résultant de traumatismes prolongés, répétés, souvent interpersonnels (maltraitance infantile, violence conjugale chronique, torture).
Tedeschi & Calhoun (1996) : possibilité d'un changement psychologique positif émergeant de la lutte avec une crise majeure. La PTG co-existe souvent avec la détresse.
Pompiers, soignants, forces de l'ordre, militaires
Épuisement émotionnel dû à l'exposition prolongée à la souffrance des patients. Combine fatigue empathique et traumatisme secondaire (Figley, 1995). Apparition rapide, liée à l'empathie.
Épuisement émotionnel, dépersonnalisation, sentiment d'inefficacité. Lié à la charge organisationnelle. Apparition progressive sur mois/années.
5 éléments OMS, ALGEE, techniques d'ancrage
Rassurer, mettre à l'abri, réduire l'exposition aux stimuli traumatiques.
Techniques de régulation (respiration, ancrage sensoriel). Ne pas forcer l'expression verbale.
Restaurer un sentiment de compétence. Impliquer la personne dans ses choix.
Maintenir ou rétablir les connexions avec la famille, les proches, la communauté.
Normaliser les réactions, informer sur les ressources, projeter vers l'avenir.
Évaluer et agir en cas de crise (risque suicidaire / danger immédiat).
Écoute active sans jugement. Présence bienveillante non intrusive.
Donner des informations sur l'aide disponible et les ressources existantes.
Encourager à consulter des professionnels de santé mentale.
Encourager les stratégies d'auto-aide et de soutien adaptées.
Nommer : 5 choses vues → 4 sons entendus → 3 textures ressenties → 2 odeurs → 1 goût. Ramène au moment présent. Utile lors d'un flashback ou d'une dissociation légère.
Inspiration 5 sec / expiration 5 sec (6 cycles/min). Stimule le nerf vague ventral. Protocole 365 : 3×/jour, 6 cycles, 5 minutes.
TCC-T, EMDR, pharmacologie
Histoire clinique, identification des cibles traumatiques.
Alliance, psychoéducation, ressources de stabilisation.
Image cible, cognition négative/positive, VoC, SUD.
Stimulations bilatérales jusqu'à SUD = 0.
Renforcement de la cognition positive jusqu'à VoC = 7.
Vérification des tensions corporelles résiduelles.
Stabilisation, techniques de sécurité entre séances.
Vérification des acquis en séance suivante.
Signaux d'alerte, orientation, DUERP, prévention
Premier interlocuteur en milieu professionnel. Peut orienter, aménager le poste, déclencher une procédure RPS.
Cellule d'Urgence Médico-Psychologique — événements collectifs. Gratuite. Via le 15.
Programme d'Aide aux Employés. Consultation psychologique confidentielle offerte par l'employeur.
Prise en charge spécialisée TCC-T ou EMDR. Liste EMDR : emdr-france.org
Félicitations ! Vous avez complété l'ensemble des modules. Générez votre attestation ci-dessous.